La municipalité poursuit sa politique de piétonisation. Son objectif est d’étendre le plateau piétonnier à la totalité du centre-ville de Dijon, avec une nouvelle étape en cours derrière le palais des Ducs. Le but ultime, confirmé au conseil de métropole de novembre 2017, est plus radical encore : proscrire la voiture à l’intérieur de la rocade et de la LINO. Principe déjà appliqué dans les projets d’éco-quartiers, qui rencontrent de ce fait un succès mitigé. Cette vision dogmatique n’est pas sans inconvénients.

Ainsi la piétonisation du centre-ville entraîne une spécialisation des commerces, l’exclusion d’une partie des habitants et des rues presque inhabitées. Elle a pour effet de reporter la circulation sur d’autres itinéraires, en provoquant des embouteillages ou des vitesses excessives. Le centre-ville, dont même les lignes de bus sont détournées, devient inaccessible ou trop compliqué à atteindre. Son activité commerciale est en recul, au contraire de celle des centres commerciaux périphériques.

L’extension du plateau piéton à tout le centre-ville n’est pas souhaitable. Il devrait rester centré sur les espaces symboliques. Nous préconisons d’autres pistes, telles que des zones de rencontre permettant de concilier tous les modes de déplacements avec une vitesse limitée à 20 km/heure, une adaptation dans le temps des restrictions à la circulation (saisons, jours, horaires) ou encore une navette électrique rue de la Liberté.

Dans le quartier de la gare, l’installation en cours d’un plateau piéton avenue Albert 1er, entre le passage souterrain et le jardin de l’Arquebuse, provoquera inévitablement des embouteillages sur cet axe. Cela illustre à nouveau la nécessité d’une réflexion globale sur les déplacements dans l’agglomération, sans vision intégriste. L’objectif principal reste de réduire les temps de trajets et la complexité de certains déplacements pour les habitants. Les pistes à explorer vont du transport à la demande à des aménagements de la LINO.

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