Les travaux de démolition sur le site de l’ancien hôpital général vont bon train. C’est une étape indispensable. Mais que dire du projet que la municipalité veut déployer sur ce site remarquable par son histoire et son patrimoine ?

Notre point de vue n’a pas changé. Favorables à l’implantation de la Cité de la gastronomie et du vin, nous regrettons les modalités. La démarche de confier l’ensemble du projet à un grand groupe du bâtiment et des travaux publics n’était pas judicieuse.

Le contenu est un fourre-tout sans cohérence, avec l’ajout d’un multiplexe de 13 salles de cinéma, d’un supermarché et de logements sociaux en grand nombre. Sur le plan architectural, c’est désastreux car les monuments historiques seront cernés par des constructions nouvelles : les trois cubes des salles de cinéma, les nouveaux immeubles, le bâtiment en forme de container, le parking aérien en face qui occulte le bastion de Guise.

L’apothicairerie a été démontée en 2015 et sa réimplantation vient seulement d’être confirmée. Le potentiel des « hospices de Dijon » n’a pas été intégré. Ce projet qui ne devait rien coûter au contribuable lui coûtera en réalité plus de 30 millions d’euros, sans parler du prix ridicule versé au CHU.

Les entreprises locales profiteront très peu de cette opération, accaparée par Eiffage et ses partenaires habituels en l’absence d’appels d’offre pour les différents lots. Enfin nous craignons l’effet d’éviction sur le centre-ville, comme en atteste le détournement de la liane 5 depuis l’été 2017, ainsi qu’une extension démesurée du plateau piéton avec la rue Monge.

Sur le plan juridique, nous avions obtenu en 2016 la requalification du contrat avec Eiffage en contrat administratif, mais la municipalité n’en a tenu aucun compte. Le juge n’a pu statuer sur la légalité du contrat lui-même fin 2017, car la ville a refusé de nous communiquer la version signée, dont même la préfecture n’a pas eu connaissance.

Nous avons fait notre devoir pour défendre les intérêts des Dijonnais, ils seront en définitives les seules juges.

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