29 juin 2016

Nous avions prévenu que la facture des emprunts toxiques contractés par le maire de Dijon serait salée. Les opérations réalisées par la ville ces dernières semaines pour désensibiliser les trois emprunts les plus dangereux viennent malheureusement confirmer cette prévision !

Pour sortir des trois emprunts les plus dangereux, dont le capital initial était de 38 millions d’euroscette facture s’élève à 45 millions d’euros d’indemnités de remboursement anticipé, dont près de 25 millions d’euros restent à la charge du contribuable dijonnais après l’intervention du fonds de soutien national.

Une partie (16 M€) de la charge pour le contribuable dijonnais est reportée sur les exercices futurs, à travers de nouveaux emprunts contractés sur une vingtaine d’années à des taux prohibitifsLe capital restant dû (35 millions d’euros) est en effet refinancé à des taux proches de 5 %, quand les grandes collectivités locales peuvent obtenir aujourd’hui des taux proches de 1 % pour se financer ou renégocier leurs emprunts! Dans les premières années, le surcoût sera de près d’un million d’euros par an.

C’est une énorme gabegie, dont le maire porte une responsabilité personnelle sans vouloir l’assumer, en cherchant au contraire à minorer des chiffres pourtant officiels et incontestablesMoins de 1 % des collectivités locales françaises ont souscrit de tels emprunts et nul n’ignorait plus en 2008 et 2009, avec la crise financière, les risques de ces produits spéculatifs. 

Le trois emprunts en question n’ont même pas permis de réaliser des économies, avec un coût moyen pondéré proche de 3 % depuis la mobilisation des fonds.

La ville de Dijon n’en a pas fini pour autant avec les emprunts toxiques. Outre celui qu’elle a transféré au Grand Dijon pour 13,5 millions d’euros avec la compétence sur le stationnement, dont le coût de sortie est évalué à 5,7 millions d’euros, elle conserve des emprunts à risque dans son bilan pour un coût de sortie évalué à 18,5 millions d’euros.

Au total, le coût des emprunts toxiques souscrits par le maire de Dijon s’élève donc à près de 70 millions d’euros, ramené pour le contribuable local à 50 millions d’euros après l’intervention du fonds de soutien national sur les emprunts les plus dangereux. Une somme considérable qui aurait pu être utile autrement et un fiasco sans précédent dans la gestion municipale.

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